UTMB: Ultra tour du Mont Blanc, avec variantes, en off

UTMB ? comment c'est arrivé... 😀

Je ne sais plus où ni quand Ju m’a parlé de ce OFF. ça doit remonter à l’échappée belle, l’année dernière. Il savait bien que je n’avais aucune envie de faire l’UTMB, pour son côté barnum, ses points ITRA, le nombre de culs à renifler devant soit sur le chemin…

En préparant le off, il découvrira que certains passages ne sont pas des plus sympa. L’UTMB en off deviendra donc un TMB avec variantes plus sauvages, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Dans tous les cas, j’avais donné mon feu vert à Ju: tu prévois comme tu veux, je serai là !

C’est ainsi, et après quelques échanges sur kikourou, que nous nous retrouvons tous les deux au départ de l’ « UTMB, ma couille ». UTMB pour Ultra Tour du Mont Blanc, et « ma couille » accolé à l’acronyme partagé avec la coursette que tout le monde s’arrache, comme un symbole de décontraction et d’impertinence, nom du off que j’enregistre sur kikourou et que Ju ne remet pas en cause.

Un troisième coureur, en la personne du poto suisse Fabien / bobby69, nous rejoindra pour faire la deuxième moitié.

Une assistance familiale du Ju est organisée pour nous permettre de mener à bien ce projet dans de bonnes conditions.

J’ai laissé Ju à son organisation et je débarque la veille avec un sac fait quelques heures auparavant à base de jeté de 50% de mon matos.

Départ de Tré-le-champs à la fraîche...

Bref, après les derniers préparatifs au soir, une courte nuit avec un levé à 2h, nous voici au départ, à Tré-le-champs, à 3h50, prêt à en découdre.

Nous démarrons calmement mais sûrement. Je suis agréablement surpris de constater que Ju ne part pas comme une balle, comme c’était le cas sur le off de Yann – je cours.fr. Lorsque le jour se lève, après voir passé quelques échelles avec une frontale pour deux, nous découvrons le massif du Mont Blanc.

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Le massif du Mont Blanc depuis les Aiguilles Rouges

Ju me liste quelques sommets. L’Aiguille Verte, les Drus…

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Le jour se lève sur le Mont Blanc

Plutôt que de passer par Chamonix, ce dont nous n’avons strictement rien à foutre, le champiGNon a tracé un parcours dans les Aiguilles Rouges, d’abord en balcon devant le Mont Blanc, puis par le Brevent, pour redescendre sur Les Houches.

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Youhouhouuuu, je fais l'UTMB ma couille !!!

C’est magnifique, j’adore le lever du jour. On s’éclate sur le chemin en balcon roulant.

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Mer cherche glace, désespérément !

La descente du Brévent est avalée a bon rythme également.

Au soleil

5h de course, c’est temps d’un ravitaillement, par le biais d’une boulangerie aux Houches.
Nous repartons pour le col de Tricot, par le col de la Voza. Pas cool, c’est par du bitume puis de la large piste en plein cagnard. Peut être qu’il y avait mieux… Tant pis, on est dedans. On double des randonneurs, dont certains sont drôlement couverts (pantalons noirs, t-shirt coton…)

J’ai déjà bien du mal avec la chaleur. Heureusement, ça devient plus supportable un peu plus haut. Le col de Tricot est le lieu de rendez vous de tous les randonneurs de la journée, semble t-il. C’est dingue comme ils sont nombreux à cet endroit !

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Le beau gosse devant un balisage Montagn'Hard et le Mont Joly

J’avale la descente à bon rythme, laissant Ju 5mn derrière. L’occasion de discuter avec un bénévole baliseur de la Montagn’hard, en bas.

Je sens Ju un peu à la peine dans la remontée aux chalets du Truc. Heureusement, ça n’est pas bien long, et nous nous y arrêtons pour un ravito et une bière. De quoi lui redonner sa caisse habituelle !

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Ravito aux Trucs

Zou, c’est reparti. Et cette fois, la montée est longue, et c’est moi qui commence à faiblir. Le rythme est encore bon, mais le soleil m’assèche dans l’ascension vers Tré-la-tête. Et de légères crampes d’estomacs sont désagréables. Je m’en débarrasserai heureusement dans les fourrés peu après avoir dépassé le refuge.

Au lieu de descendre à Notre-Dame-de-la-Gorge comme sur la MH100, nous bifurquons pour Nant Borant en bas de la belle descente un peu technique. 15H, à l’heure pour le ravito ! Nous retrouvons René, qui nous assiste dans ce projet en nous montant ravito et sac de vie.

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Ravito à Nant Borant, assistance du paternel de Ju !

Nous ajoutons au fromage/jambon/pain une binouze du chalet et une goutte ou deux de prune.

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C'est pas de la flotte... 😉

Première grosse pause, d’une heure, histoire de se refaire un peu la cerise avant l’une des plus grosses difficultés du périple. Nous repartons repus et équipés de notre frontale pour affronter un morceau de la nuit, qui n’est pas encore prête à pointer le bout de son nez.

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En approche des lacs Jovet

Il fait en effet bien chaud et l’ascension du col d’Enclave me terrasse. Après une longue partie raisonnablement pentue pour atteindre les lacs Jovet, c’est en effet un beau mur de caillasse qui s’effrite, mêlé à du sable ou de la poussière, qui se dresse devant nous.

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Approche du col d'Enclave

Dans le dos, le soleil, qui n’a pas baissé sa garde.

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Ascension du col d'Enclave

J’en chie, mais il en faut plus pour m’arrêter.

Néanmoins le rythme imprimé par Ju m’est impossible à suivre et je fais mon possible pour avancer en respect de la contrainte temps: nous allons manger au refuge Robert Blanc, et ne pouvons y arriver trop tard.

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Autre versant: vue sur l'Italie

De l’autre côté du col, nous avons droit à un terrain de jeux technique et sauvage.

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La Grande Écaille

La Grande Écaille est parée d’une roche différente, mais tout aussi pourrie (ardoise).

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Youpi, de la bonne ardoise merdique 😀

Le sentier pour accéder à Robert Blanc n’est pas nettoyé, les rochers ne sont pas rangés, et les marches bien hautes.
J’arrive avec 25mn de retard sur l’objectif du roadbook. Ju est déjà installé depuis 10mn, en grande discussion avec les gardiens. Je suis claqué, et ne pense qu’à une chose: m’asseoir. Enfin, profiter du repas aussi. C’est délicieux, et nous réalisons à quel point cette balade est magique. L’endroit est paumé dans le Beaufortain, à 2750m d’altitude. Quelques américains et 3 français occupent le refuge pour une session d’alpinisme le lendemain.

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Ravitaillement au refuge Robert Blanc

On est bien, et c’est pas fini !

Sous les étoiles

Nous repartons du refuge sur un pas moins pressé.

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Petite descente de moraine bien pentue et glissante

Il nous reste une bonne traversée technique pour atteindre le col de la Seigne.

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Glacier de fin de journée

Traversée pendant laquelle Ju constate l’étendu des dégâts des frottements du short sur ses parties intimes, et fini cul nu après quelques tentatives échouées de calmer la douleur avec de l’eau fraîche.

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Le bello a un echauffement aux burnes, il marche donc cul nu pour soulager

Étrange spectacle que de le voir se trimbaler les baloches à l’air avec ses jolis petits booster bleus aux mollets 😀
Pour éviter de gercer des jumelles, il se décide peu avant le col de la Seigne à charcuter le short pour en enlever le slibard intégré. ça va mieux. A la vue de l’horaire, d’un peu de retard pris peut être, et surtout d’une sous estimation du temps nécessaire pour rejoindre le col, Ju décide de zapper les Pyramides Calcaires (ou « calcinaires », comme il dit :D). ça ne me pose pas de problème, vu ma difficulté à avancer en montée, zapper 300m où l’on ne verra rien n’est pas pour me déplaire.

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Pleine lune au col de la Seigne

Il fait en effet maintenant nuit et nous ajoutons la lumière des frontales à celle de la pleine lune. Le parcours est balisé: le lendemain aura lieu le Grand Trail de Courmayeur.

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Buona notte, l'Italie !

Après un petit morceau agréable, nous voici engagé sur une longue piste en faux plat. Ju faiblit, et bien qu’il se concentre à courir un maximum, sa vitesse ne me convient pas et j’adopte un fonctionnement « cyrano », alternant marche rapide et course, pour rester à sa hauteur.

C’est à moi de déchanter quelques dizaines de minutes plus tard lorsqu’il faut remonter 300m. ça me parait durer des heures. C’est avalé en 34mn… La descente qui s’ensuit, pour arriver, enfin, à Courmayeur, où nous devons faire une maxi-pause, est d’une longueur abominable. Elle se termine par une forte dénivellation et des marches taillées dans un sentier très poussiéreux: nous sommes pressés d’en finir !

A Courmayeur, nous retrouvons Aurélie. Un peu de repos sur matelas, dans un sac de couchage, pendant 2h30 ou 3h. Je n’arrive pas à dormir, du moins, je n’ai pas l’impression d’avoir dormi, et je me suis beaucoup retourné, mais ce repos à plat m’a fait beaucoup de bien.

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Pause repos à Courmayeur

L'Italie

Ju a l’air en pleine forme ! Je change de chaussures: après 80km avec les minimalistes new balance MT10v4, les pieds apprécierons une semelle un peu plus épaisse et plus rigide, ainsi que beaucoup plus de maintien et de protection.

A nous Bertone ! C’est marrant de traverser Courmayeur, envahis de traileurs pour les petit et grand trail du jour, sans se joindre à eux sous l’arche. Nous ne faisons qu’une bouchée de la longue montée au refuge, signe que nous avons tout de même bien récupéré.

Tant mieux, une longue traversée en balcon nous attend, pour rejoindre le refuge Elena.

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El bello y del Monte Bianco

Ce sentier est bien sympathique et offre une superbe vue sur les faces italiennes du massif du Mont Blanc.

Mais il faut se motiver pour le courir au maximum, car c’est long et roulant !

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On vient de là bas à gauche, tout en bout... en looong balcon

Nous sommes rejoins par Fabien au parking, 200m sous le refuge Elena. Le poto suisse va nous faire quitter l’Italie pour nous faire découvrir les sentiers suisses…

La Suisse

On papote donc de nouveau un peu plus, même si j’ai du mal à faire autre chose qu’à me concentrer sur mettre un pied devant l’autre. La chaleur, qui est de retour, m’a de nouveau asséché. La pause au refuge fait du bien, mais son bénéfice ne dure pas: j’en chie dans l’ascension du petit col Ferret !

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Posé au refuge Elena

De l’autre côté, je remarque toutefois un beau névé et propose de l’utiliser plutôt que de suivre le sentier. Un bout de descente rapide et efficace, et bien plaisante !

Il nous reste à suivre le balisage suisse, bien voyant, pour atteindre La Fouly, où nous attend Aurélie. Troisième course organisée sur notre périple sur le week end: le Verbier St Bernard. La Fouly est base vie ou ravitaillement et est bondé de spectateurs et de traileurs de passage ou en perdition.
Nous décidons de faire la grosse pause 6km plus loin, où nous squattons le bord du torrent.
Ni une ni deux, les papattes dans la flotte bien froide. ça fait un bien fou ! Je sens les muscles qui se délient, et je retrouve de l’amplitude en pliant les jambes, alors qu’elles étaient devenue du béton armé.
Les concurrents du VSB, qui longent le torrent sur une piste qui nous fait face, nous regardent avec envie. Charcuterie et fromage, chips, pain aux olives et gâteaux de Fab, pieds dans l’eau… Alors qu’ils sont, à cet horaire, bien qualifiés pour le hors délai.

Nous rallions ensuite Champex. Il y avait peut être un chemin plus sympa, mais en suivant les panneaux TMB, nous nous retrouvons un moment sur du bitume, puis de la piste en plein soleil. beurk.
Lorsque nous quittons la route pour prendre un chemin montant à Champex, nous sommes rejoins par un traileur solitaire. Vincent fait un TMB en 3j. Nous discutons jusqu’au village.

Là haut, une bonne pause, avec pieds dans l’eau quelques instant, nous prépare à la seconde grosse difficulté annoncée du parcours: la fenêtre d’Arpette.

Deuxième nuit, retour France Et fin de l'aventure !

Je n’ai visiblement pas assez bu les dernières heures et me sent déshydraté. J’ai un léger mal de crâne. 8 longs km nous sont nécessaires pour arriver sous la fenêtre… Je suis déjà claqué avant de commencer les gros blocs de rocher !

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Sec dans la montée à la fenêtre d'Arpette

Finalement, c’est moins technique ou compliqué que ce que l’on m’avait annoncé.

Un peu de patience est nécessaire, simplement.

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Fabien devant la fenêtre d'Arpette

A la fenêtre, il faut sortir frontale et coupe vent. Le vent est resté très faible tout le long de la bambée, mais à cet endroit précis, ça souffle fort et frais.

Je commence une longue descente aux enfers. La fatigue s’empare de moi, inexorablement. (dédicace à Ilgigrad ;-))
Arrivé au chalet / buvette tout en bas, je m’effondre 10mn sur mes mains posés sur la table devant laquelle je suis assis, pendant que Ju et Fab refont le plein de flotte, avant un dernier ravito.

Ce petit coup de somnolence, sans pouvoir fermer les yeux complètement (ce qui demanderait un effort trop important !), me fait du bien, et je crois envoyer du steack dans la remontée qui suit. Ju me sent sur ses talons, nous sommes convaincus d’avoir un bon rythme… Mais découvrons dégoutés que nous montions à 600m/h.

Je m’endors, pendant la longue traversée pour le col de Balme. Ju, prévenu, trouve des stratagèmes pour me maintenir la tête au dessus d’un oreiller de rhododendrons. Rendez nous zecrazytux, le vik, l’est tout pourri !

Un orage claque au loin. Mes pieds commencent à souffrir véritablement. Un peu en dessous du col de la Balme, je change de chaussettes, mais ça n’aura pas beaucoup d’effet. Des crevasses sont là, bien profondes. J’avertis donc les camarades que je ne me sens plus capable de courir. Je termine la descente à Tré-le-champs aidé des bâtons de Ju, à une vitesse d’escargot, entraînant un retard de 30mn sur le roadbook… Alors que nous étions restés jusque là, vraiment dans les clous 🙂 !

Nous en terminons donc à 4h30 pour cette belle bambée de 156km et 12000m de dénivelé, accueillis par Aurélie !

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Finishers en 48h30 ! Merci les copaings !

Un immense merci à Ju et son assistance familiale exceptionnelle 🙂 !

En espérant que ça ne soit que le début d’une longue série de « , ma couille » 😉

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vik

L'auteur

Communément appelé "Vik" sur Internet et les "off", Sébastien Bocahu sur les résultats de compétition... Ma pratique sportive résulte de mes besoins de voyages et d'aventure, et mon goût du jeu avec les éléments et les aspérités naturelles.

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