Nuit au fort du Mont Chaberton

Thib m’avait proposé d’aller dormir en haut du mont Chaberton, à plus de 3100m d’altitude. Alors que jusqu’à 25cm de neige venait de s’abattre localement, ça semblait déjà une belle balade que de grimper les 1300m de dénivelé pour aller se les cailler dans le fort pour la nuit.

Mais la promesse d’un lever de soleil magnifique depuis le sommet offrant un panorama haut placé à 360° ne pouvait que nous inciter à persister dans cette bonne idée. Une petite balade photo au départ du sentier, avant le col, nous rassure jeudi sur les conditions: ça devrait passer sans difficultés majeures, enfin, surtout, sans que l’on se mette dans une situation dangereuse.

lolilol

Nous partons donc chargés en ce samedi matin. Outre le nécessaire pour dormir / se changer, et le matos photo, puisque l’on s’est chauffé sur le menu (il ne faut pas me lancer là dessus !), quelques kilos supplémentaires viennent alourdir nos sacs en bière, bidoche, et bois de chauffage.

Thib est inquiet sur la quantité de bois nécessaire pour cuire ses quelques merguez, je lui concède donc un arrêt au bord de la route pour récupérer deux morceaux de bois qui compléteront mes bûches de mélèze bien sèches.

Nous entamons la balade par la longue traversée en faux plat montant vers l’ancien abris des 7 fontaines sous le soleil. C’est lourd, mais nous avançons d’un bon pas.

Petite pause 2 twix coupe faim sur les reste de l’abris, et nous voilà à l’assaut du col du Chaberton. Le rythme ralenti à mesure que la pente et la technicité augmentent. Mais on s’en sort bien.

Puis le vent se lève, et quelques bourrasques nous chatouillent. C’est sympa, on se sent vivant, au milieu des éléments qui se déchaînent.

Le vent se fait de plus en plus violent, soulevant et emportant la neige, qui nous cingle la peau. La « position dorsale de sécurité », comme l’appelle Thib, et le « planté de genoux » nous aident à nous protéger des plus grosses rafales.

Dans la partie finale de l’ascension du col, nous nous retrouvons pris dans un blizzard tel que je ne vois plus rien: mes lunettes sont remplies de neige.

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Au frais dans le blizzard

Thibaut Blais

J’ai froid aux mains, enfile les gants, et avance à quatre pattes droit dans la pente, avec pour seul mot d’ordre de continuer pour ne pas prendre froid. L’arrêt est le danger, dans ce type de configuration. Au col, je peux enfiler une petite doudoune et ma veste avant de rejoindre Thib qui s’était couvert un peu avant moi et n’avait donc pas subit l’arrivée soudaine de ce blizzard aussi difficilement que moi.

Il se tient cependant au poteau de signalisation, pour éviter qu’une rafale ne le précipite dans la pente.

Les derniers 400m de dénivelés sont avalés avec peine. La progression est difficile, entre les accumulations de neige par le vent et les parties en pierrier découvert, glissants. Le chemin est rarement visible et une partie de la progression est fait en dré dans le pentu. Nous y laissons beaucoup d’énergie. Thib est à la peine, mais je continue dans mon coin, pour ne pas me refroidir.

Récompense au sommet: le fort est là, accessible, il nous protégera du vent. Nous y sommes, ça c’est fait, la satisfaction est là. Mais rien à photographier. Nous patienterons jusqu’au lendemain matin !

Thib nous trouve une pièce épargnée par le vent et la neige, nous nous y installons pour la nuit.

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Le repas sera pris dans une autre pièce, pour éviter de nous enfumer. 18h, l’heure de l’apéro binouze-saucifflard en attendant que le feu s’active.

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Thib n’est toujours pas rassuré sur la faisabilité de cuire toute la barbak que j’ai monté, mais il finira par se rendre à l’évidence: sisi, y avait même de quoi faire cuire plus que nos 6 merguez, 1 saucisse de toulouse, et 350g de boeuf en brochettes maison 😀

Il faut quand même reconnaître que l’on se complète pas mal: si j’avais les grosses bûches, il a eu l’ingénieuse idée de prendre des pics à brochettes qui nous ont largement facilité la tâche (j’étais parti « avec ma bite et mon couteau », et ça aurait été galère !)

Bref, un repas réussi, autours de l’âtre qui nous a réchauffé et sêché en partie.

Que dire sur la nuit ? Non, nous n’avons pas eu froid, nous avons même eu chaud. J’ai retiré la doudoune en pleine nuit.

6h du mat’, l’heure de se lever pour aller profiter de la vue splendide sur les massifs alentours, qui s’enflamment sous l’effet du soleil qui se lève doucettement.

Y a pas à tortiller ducul pour chier droit, c’est  beau.

Et c’est pour ça qu’on est montés.

Plus d’images: l’album photo de Thibaut, photographe !

Thib a également réalisé une vidéo:

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vik

L'auteur

Communément appelé "Vik" sur Internet et les "off", Sébastien Bocahu sur les résultats de compétition... Ma pratique sportive résulte de mes besoins de voyages et d'aventure, et mon goût du jeu avec les éléments et les aspérités naturelles.

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