La hardeuze en plein cagnât - La Montagn'hard 100 2015

La montagn'hard: C'est beau, ça pique, ça donne le smile

Bordel, comment je vais raconter ça ? Y a tellement à dire...

Petite mise en situation: La montagn'hard, c'est un trail organisé par des passionnés. Pour des passionnés. De hard.

Pas de xXx, bien que le parallèle est facilement fait, ayant moi même eu l'idée de porter une jupette kilt avec accroché dessus "dénivèle mois" devant, "rendez vous à valhalla" derrière. Résille rose pour la couleur.

Fort heureusement, j'ai abandonné l'idée du déguisement, si léger soit il (encore que la jupette, elle pèse la connasse... pis j'imagine pas les brûlures que ça aurait donné en frottement sur 100 bornes, vu l'état de mes cuisses et de mon entrecouilles avec un boxer sans couture...), face à l'alerte orange canicule.

Ça ne descend pas en dessous de 20° la nuit en montagne. What. The. Fuck. On parle de 28/30°+ en vallée.

Le matos obligatoire intègre maintenant 2L d'eau contre 1.2L avant, et des points d'eaux sont rajoutés sur le parcours.

Le parcours ? Ah oui, pour ceux qui ne savent pas encore: 100km et 8400m de dénivelé environ après rabotage léger en réponse aux conditions météorologiques exceptionnelles.

Comment je vais faire, en tant qu'homme du nord ? OK j'ai rien pour revendiquer une quelconque descendance viking, on déconne juste sur UN DELIT DE SALE GUEULE, mais quand même, je sors en short/tshirt manche courte en Laponie ou en chartreuse en février...

ça s'annonce tendu du string. Bon, j'y accroche quoi, au stringounet ? J'ai envie de partir léger. Déja parce qu'il fait chaud, et puis parce que mes sorties en solitaire sont bien assez lourdes comme ça.

Je trouve donc une utilité à la ceinture "toute pourrie" cadeau de la maxi race: ça fera deuxième ceinture, pour porter tout le nécessaire en supplément de ma raidlight de base porte bidon 800mL. (en vrai elle est vraiment toute pourrie cette ceinture cadeau, je maintiens que je prefererais payer moins cher et pas avoir de cadeaux, que les élites claquent la bise aux derniers plutôt que d'avoir un lot, et me bricoler une autre ceinture si j'en ai besoin).

Je disais donc: partir léger

  • bande de strapping déroulée, reroulée pour enlever le tube de plastique et gagner en volume
  • gobelet: tetrapack (TM) lait de coco 50cl, haut coupé, le tout plié en 3 ou 4.
  • sifflet, frontale, coupe vent, bas long...
  • 800mL dans le bidon de la première ceinture, environ 1L dans une poche à sucre 750g (moins de 2€ je crois sucre compris face à une soft flask salomon 250ml à 18€ - la société, elle a plein de problème, la société, elle a mauvaise haleine).

Et oui, tout le matos obligatoire rentre dans deux ceintures, une correcte et une typée "marathon" (pourquoi c'est filée en cadeau sur un ultra trail, me demandez pas, j'ai perdu ma boule de crystal, et mes deux autres se réservent à d'autres genres de sollicitation), et un peu de portage d'eau à la main.

Putain tu fais chier seb, et la hardeuze, t'en parle quand pour de vrai ?

Maintenant. Enfin presque. Je liste juste le matos non obligatoire (mais pas interdit):

  • Appareil photo
  • Flasque de Chartreuse

L'avant course

Je loge chez Cécile et Guillaume, un couple (et une copine à eux fortement sympathique (non désolé Étienne j'ai pas le 06))qui nous reçoivent dans leur chalet familial à 2km du départ. J'y retrouve Bubulle, le kikourou aux 1001 roadbooks et à grande expérience, et deux plus frêles et jeunots comme moi, qui eux font la moins hard. On discutaille à table, c'est tranquillou. Dernier à partir me pioter pour cause de pressage de citron, j'éteinds les feux pour une "nuit" de 4h30.

3h30, je suis déja levé-habillé-rangé, dingue comme c'est facile tout ça une veille de bonne aventure. L'envie est là. La sérénité aussi. Pas partagée par sieur Bubulle, qui refait plein de calculs dans sa tête avant/pendant le petit dej. Presque la larmouille à l’œil ! Pourtant, ce qu'il va envoyer par la suite...

Petit dej copieux, et c'est parti pour saint Nicolas, emmenés par nos charmants hôtes.

Pour la suite: chapitres exprimés en heure de course.

Statégie: 100% feeling. Je n'ai pas pris le GPS.

-30mn

Je retrouve le camarade Julien. On se fait une petite photo de départ, dans la pénombre. On trépigne.

0h - (5h00 du matin)

C'est parti mon kiki. Départ doux. On est loin de l'allumage à coup de lance flamme type maxi race. On sent que globalement, y a de l'expérience, et de l'humilité. Peu de bâtons sortis dans la partie non autorisée.

Je vais pas détailler tout le parcours, parce que franchement, c'est long :D, pis j'ai plus tous les souvenirs en tête là maintenant (pis 3eme Maredsous triple donc ça va pas reviendre tout de suite).

Mais c'est sympa, on se tape le lever de soleil, j'ai pas besoin de sortir la frontale.

0h - 2h

Je m’agglutine aux kikous Ejouvin et Rayarun, et arrive avec eux au premier ravito. Je suis parti vite, j'avais envie après 3 semaines de repos, et je me sentais bien dans la fraîcheur relative du matin. Mais je prends du temps au ravito et les laisse filer. De toute façon je suivrais pas. De manière générale une partie du peloton a relancée bien vite une fois échauffée après le départ calme.

2h - 6h30

Le Prarion: c'est beau, c'est vert, c'est le pied.

Pause étirements là haut, avec vue sur le mont blanc. Je prends mon temps, avec mes postures "bizarres" d'après jepipote, que je rencontrerait plus tard.

Après on descend vers miage, avec vue sur un glacier qui craque à un moment et lance un long bruit ressemblant à du tonnerre, sur 15/20s. Baleze.

Descente du col vers le ravito: oh yeah, c'est bien courable mais un poil technique, je vais m'éclater.

J'adore cette descente, et suis étonné de ne pas être suivi. Les rares qui descendent dans ma fenêtre de temps marchent ! Pourtant, qu'elle est agréable à courir cette pente !

6h30-9h

Montée à tré la tête. C'est du costaud, sous un soleil de plomb. Les jambes sont là, mais que c'est dur, avec cette chaleur... Je fais une grande partie tout seul, avant d'être rattrapé par un mec qui essai de dialoguer et avec qui je réponds par politesse, mais dont les propos "anti secouristes" m'invitent à ne pas relancer outre mesure. Un kikou fini par s’immiscer entre nous et à me prendre comme pacer, et nous larguons finalement le mec secours-ophobe, malgré notre pas lent (mais régulier).

Ce kikou n'est d'autre que Jepipote, dont le pseudo ferait croire qu'il a une grande gueule. Sur le moment, ça voit pas, il est un peu mi-miel, mi-déconfit. Le bougre sent monter l'hypoglycémie, et est dans le dur. Il attend l'ombre. Tous les deux, nous attendons le ravito, mais le profil que l'on a imprimé ne montre pas toutes les subtilités et nous espérons à chaque instant un ravito qui ne viendra toujours pas. Derrière les arbres, là, je le sens bien. Ben, non... Il profite d'un coin d'ombre pour se poser et manger, tandis que je continue dans ma quête du ravito suprême, celui où il y a de la bière.

Quand j'y arrive, c'est grosse joie qui met un peu de temps à monter en sourire, car c'était dur, c'était chaud. Mais le bagnard engueule tout le monde pour avoir son sourire, alors je lui décoche mon plus beau sourire de blondinette avant de me faire servir une mousse.

Pour les non avertis: Le bagnard, c'est un kikou bien cool dont le kiff c'est de monter de la bière à dos de kikou pour en proposer aux coureurs.

Donc je prends une mousse, qui porte bien son nom car malgré la fraîcheur de l'eau de l'abreuvoir, c'est vraiment beaucoup de mousse qui sort des futs. (Pis une deuxieme parce que que de la mousse, c'est pas une bière).

En échange, je fais goûter ma chartreuse, et prends une gorgée moi aussi.

ça, c'est du ravito plaisir ! Merci les gars !

Avant de repartir, cryothérapie: je partage la baignoire avec les fûts et bouteilles.

9h - 11h

Descente de Tré la tête aux contamines en courant. La descente est sympa, je m'éclate. Je pause 3mn pour prendre des nouvelles d'un mec qui a l'air brisé, et descend aux contas pour abandonner, en s’appuyant fortement sur les bâtons. Ouch, il va y passer du temps, j'essaie de le rendre réaliste sur ce point et qu'une pause de 30mn avant de s'y remettre ne serait peut être pas une mauvaise idée. 3.5km restant, certes, mais en dénivelé...

30mn plus tard je retrouve du plat/faux plat et un photographe se lève brusquement et m'interpelle.

"Avec cette gueule là, tu dois être zecrazytux (mon ancien pseudo)". C'est le kikou Zorglub74, qui m'a reconnu d'après mon avatar, et peut être une ou deux photos s'il a lu des CR. Quel physionomiste ! Il trottine à côté de moi pour discuter pendant quelques minutes. Super sympa ! (et quelle bestiolle ! entre ses résultats impressionnants sur les courses de la région, courir avec son reflex en papotant pendant tout le week-end...)

Sur la fin, c'est plat et ça me gave un peu, et les cuissots commencent à durcir. Je marche un peu sur la toute fin. L'arrivée aux contamines semble interminable.

11-12h: pause aux contas.

Rayarun a pas l'air au top, mais reprends la route. Je redécouvre Jepipote, qui maintenant ouvre bien sa gueule :D Il a repris de l'aisance.

Je mange, mais j'ai du mal à avaler. Trop chaud. Deux portions de pâtes, jambon, ça sera tout...

12-14h: montée à la bifurcation 60/100km

Je repars des contas avec Jepipote. Je me sens bien, lui veut y aller molo, et il me dit de faire ma course. C'est pas que j'ai envie de faire un temps, mais j'ai envie d'avoir mon rythme et je le laisse donc derrière.

Mais la chaleur est bien présente, et j'explose en vol dans la montée. Je suis hydraté, c'est pas le souci. J'ai mangé y a pas longtemps, c'est pas une hypo, c'est sur. J'ai le cardio dans l'espace. Je suis en train de m'effondrer en voulant monter une pente très raide tout en maintenant la température du corps.

16h30/17h contas-bifurc: c'est probablement l'un des combo endroit/timing les plus mauvais. Une vrai fournaise, installée depuis quelques heures.

Jepipote me dépasse et me largue en suivant une nana (ben tiens) pendant que je fais une pause. Je reprends doucement la route, en allure escargot.

A la bifurc, je n'ai pas de doute sur mon choix, mais je me sens dépouillé.

Je valide le 100.

14h-15h15: montée au mont Joly

Bonne pause ravito/repos après la bifurc avant de monter au Joly. Je me refais pas vraiment la cerise, mais c'est mieux que rien.

L'ascension est horrible. C'est pentu, il fait chaud, faut mettre les mains, j'avance à 1 à l'heure...

Je douille.

15h15 - 17h: descente à l'étape

Au Joly, je retrouve un coureur avec lequel j'ai fait, et ferait encore, cache cache pendant un moment. Il est claqué aussi et m'annonce que ça fait 20mn qu'il est là, et arrive pas à partir.

Pas super sympa de ma part mais je réponds pas vraiment, ni dans l'encouragement ni dans le "ouai c'est dur". J'ai qu'une chose en tête: ne pas tomber dans le même cas ! Je viens à peine de sortir du ravito de la bifurc ! Et les barrières horaires, elles vont finir par arriver à ce train là !

Je sors ma chartreuse, m'envoie deux gorgées, et m’apprête à repartir.

C'est alors que surgit zorro, pardon, Zorglub, qui prends deux trois clichés des starlettes du moment et je découvre alors qu'un des gus à côté de moi est un kikou lui aussi, le bienommé Bacchus.

Après un mitraillage en règle, je m'excuse de devoir quitter la scène, faut vraiment que je descende vite, j'ai pris une décision stratégique: dormir 30mn pour reposer le corps et les jambes, qui sont devenues dures comme du granit. Pas de crampes, mais c'est putain de dur, et un angle de 90° me fait déja grimacer.

Je prends donc le départ pour l’étape, suivi de Bacchus, que je lâche doucement au fil de la descente, et d'un autre tshirt jaune, qui prend de l'avance. Je ratrappe un guy en black, qui me prend pour pacer dans cette descente que je dévale en marchant. "T'as un bon rythme dis donc" me dit il à un moment. C'est ce qui me sauve sur la MH, je pense: j'ai en effet l'habitude d'envoyer du paté quand je porte les grosses, descente y compris. Et mon calcul "worst case scenario" sur les BH me dit que je dois grouiller.

coureur en noir me suit bien, on discute en route, et on ramasse le 3eme laron en jaune qui doit en avoir marre de courir dans cette pente pas vraiment courable (hornières super étroites).

Notre groupe de 3 s'automotive en discutant ou par sa simple excistence de groupe, ce qui fait du bien car c'est long, pour arriver au ravito. On fini par sortir la frontale, dans les 10mn avant l'arrivée.

17 - 18h: L'étape

J'y retrouve Jepipote plus excité que jamais, à faire le foufou avec les bénévoles féminines super sympatoches.

Je bouffe, pas de kiné dans le timing à priori donc je m'automasse, et me programme le réveil à +30mn. Changement de chaussettes et cremage de pieds, tout pour tout j'y passe grosso modo une heure.

Je repars seul, dans la nuit noire + pleine lune, et un peu plus de frais.

18h - 23h30

La descente à Notre Dame se fait bien. C'est facile et plaisant. J'aime l’atmosphère de la single track en solitaire de nuit. Et les patounettes vont mieux après le petit repos. En bas, un groupe de supporters encouragent avec des cloches. Franchement, c'est simplement hallucinant. Y a QUE DALLE autours. Il est minuit environ, il doit passer un coureur ou un groupe de coureurs toutes les 15mn maximum... Et ils font un vacarme monstre quand on déboule !

Merci mesdemoiselles et damoiseaux, vos cloches me vont droit au cœur !

Bon, j'en ai déjà chié un peu jusque là, mais ce n'était que l'apéro. Montée au bolchu, passage par le col de la fenêtre. Après être passé par quelquechose comme 1200 ou 1300m d'altitude, on monte à 2500m.

Et c'est badass.

Et je suis cramé. (en fait, non, on monte à 2100 et des poussières, c'est simplement mon impression sur le moment)

Malgré le repos récent, dans la montée, je m'endors. Faut dire que le creux pour remonter fais pas du bien, ni au mental ni aux guibolles. Je fais de nombreuses pauses, assis sur un tronc, une pierre... Je tente de rependre mon souffle, faire redescendre le cardio... étirer légèrement les cuissots...

Je suis dans le dur, très dur. Personne autours. J'ai encore de la marge sur la BH du Bolchu. Je fais le calcul que je peux prendre une heure pour arriver au maximum à 6h du mat là bas. Il est 2h. 3h pour de là où je suis, sans savoir vraiment car je n'ai ni GPS ni profil actualisé, au ravito, après passage à "haut", 2100m d'après mon profil non actualisé.

Je m'arrête sur le côté du chemin, enfile mon collant. j'avais déjà sorti le coupe vent, pour un endroit un peu humide et pour parrer la fatigue et la sueur qui refroidie. Je m'enroule dans ma couverture de survie, et me jette dans des arbustes.

Quelques coureurs vont me demander en passant si ça va, ou, plus original "qu'est ce que c'est ?", auxquels je réponds que je fais juste une petite pause dodow. All good quoi.

3h du mat, aller faut repartir. Ca tombe bien, je vois une frontale et j'entends le "pic pic" d'un coureur. Je déboule sur le chemin en finissant de ranger la couverture de survie dans la ceinture et grimpe, dans l'attente de me faire récupérer et de me faire pacer.

Sauf que le fameux coureur ne me ratrappe pas. Bon ben, vas à ton rythme, seb. Je continue donc vers le bolchu toujours dans la solitude.

Pensant être arrivé à la fin de ma peine, au bout d'un plateau après avoir gravi moulte D+, je lève les yeux et remarque une putain de bosse. Bon on parle pas de 2100, là, faut pas déconner... Le nouveau profil, suite à la modif de parcours pour cause canicule, nous fait monter directement à 2500m, avant le ravito. J'avais pas intégré. Mais va falloir se le taper. (FAUX, mais c'était mon impression sur le moment ;-))

Je baisse les yeux, et vois un coureur la tête sur les bras, les bras sur les genoux, assis sur une pierre. Un petit questionnement rapide pour voir s'il est en détresse ou juste complètement grillé, et je lui conseille de sortir la couverture de survie s'il veut continuer sa pause, pour pas finir en hypothermie malgré la température clémente de la nuit. C'est que sueur + fatigue + frais, ça peut emmener loin... Et c'est pas l'endroit pour péter une durite.

J’essaie pas de le motiver à repartir, il a besoin d'une pause, et je sais ce que c'est, j'en sors. Il prends mon conseil au sérieux et le met à exécution, je reprends donc mon ascension serein.

Là haut, c'est technique, c'est pierreux. ça me dit que j'adorerais l'UTB, il faut que je le fasse un jour.

Et je descend au bolchu. Voir la tente illuminée et le son qui résonne au loin regonfle un peu les voiles.

23h30 - 25h

4h58 à ma montre: arrivée au bolchu. BH d’origine 5h10, nouvelle 6h10. J'ai 1h10 d'avance à l'entrée. C'est short.

Un peu de miam, un peu de glou, tentative de dodow 15mn impossible, discussion de profil avec notamment la kikou Françoise84, il semble que tenir les BH soit possible malgré mon état.

Un café et quelques morceaux de gâteau au chocolat fait maison par les bénévoles (les filles vous êtes des amours et votre gâteau il sauve), je repars, 10mn derrière Françoise.

Et là, vas savoir pourquoi, la forme revient. L’étau se desserre autours de mes cuisses. Je marche, impensable de courir après toute cette douleur endurée si longtemps, mais je trace en marchant.

Je rattrape d'ailleurs deux groupes de traileurs devant, dont Françoise, que je double mais retrouve au ravito suivant, la Girotte. Je profite de ce moment de bien pour prendre un peu "d'avance" pour être sur de passer la barrière horaire du monument, la dernière avant l'arrivée.

Cette partie du parcours est un peu spéciale, on sent que ça a été fait un peu dans la précipitation dans le cadre alerte canicule, mais le balisage est nickel. C'est juste du passage hors sentier dans de la végétation touffue :-) Puis du large chemin d'exploitation avant d'arriver au barrage de la Girotte et son ravito, sur lequel les bénévoles sont toujours super sympa, mais en plus désœuvrés, donc on tape la discute 10mn.

25h - 27h30

Je repars avec Françoise, qui me suit dans la descente. Elle avait l'air un peu dans le dur avant, et j'ai l'impression que je fais pacer à ce moment là.

Mais ça ne va pas durer :D

Sitôt que ça regrimpe sec, elle me dépose copieusement et je reprends mon rythme de larve. Petite pause cryo dans un ruissellement en bordure de chemin, maintenant je sais que je vais au bout. La BH ne reviendra plus, même si je dois ramper j'y arriverai.

Faut quand même retourner au charbon, et je gravis doucement la pente vers le monument. Au ravito, on sent que c'est la fin finale et qu'on est attendus avec impatience :D Mais les bénévoles sont tout simplement adorables. D'ailleurs avec le recul, malgré la politesse, les mercis, ont étaient bien froids par rapport à leur enthousiasme.

Je me permets de reprendre du frometon avant de repartir à l'assaut du Joly.

27h30 - 33h20

Et vas y qu'on remonte. L'épaule. Puis la crête, 3 bosses successives, la dernière étant le mont Joly.

En route je croise plusieurs groupes de randonneurs, qui me demandent quelle course je fais, avec qui je discute d'ultra trail. Maintenant que je sais que je termine et vu comme je suis claqué, je suis accessible pour les questions :-). Un randonneur me propose de ma prendre en photo quand il apprend que je me charge d'un tel matériel non obligatoire, alors je me fait tirer le portrait devant la crête, dernière difficulté avant la bière d'arrivée.

Mais qu'elle est longue cette crête !

Les patounettes gueulent un peu, et quand je trouve un névé, je descends dedans tout joyeux, me creuse un trou et m'enfonce dedans, me glace copieusement les cuissots avec de la neige.

Oh yeah. FUCK YEAH. J'aime les névés. Quand ils te barrent la route, ils mettent du piment dans ta sortie, quand t'as trop chaud, ils te refroidissent, quand tu veux descendre vite ou du bon fun, tu fais de la luge, quand tu manque d'eau, tu fais fondre la neige... Le névé, c'est la vie.

Au Joly, petite goûte de chartreuse, histoire d'apprécier en solitaire le bouclage de cette aventure au milieu des randonneurs.

Aller zou, faut descendre maintenant, t'as fini garçon, c'est plus qu'une question de minutes.

Mais c'est long, bordel. Surtout que je suis en train de préparer un bronze et que ça n'attend plus que d'être moulé, et vu le temps de préparation, vas pas y avoir de grumeaux... Mais c'est un peu découvert, le Joly.

Dans la descente, je n'en peut plus, faut que fasse une sculpture. Je tente de passer sous une clôture pour aller me mettre sous des sapins, mais c'est électrifié et avec mon buff kikourou trempé, je me prends une châtaigne DE MERDE qui me propulse au sol et m'invite à serrer les fesses et à ne pas réessayer. 30 et quelques heures, franchement, je suis toute humilité devant cette frêle barrière de fil électrique, et je serre les fesses et reprends le chemin. Mais un peu plus bas je profite d'un spot sans trop de visu, notamment des fermeurs dont 2/3 sont de charmantes représentantes du sexe féminin, pour me délester avec contentement, sans, je le précise haut et fort, utiliser mon buff kikourou, ayant appartenu auparavant à Arclusaz, comme l'aurait fait un certain Lutin d'Escouves.

La suite se fait un peu plus lestement, mais c'est très long, c'est interminable, c'est descente. Le dernier et les fermeurs me rattrapent à 300m de l'arrivée, et on décide d'arriver ensemble, malgré son envie d'arriver à tout prix dernier.

On se met à courir sur les dernières centaines de mètre, et arrivons tout sourire à l'arche. Sauf que badgage par une bénévole non prévenue, je me retrouve dernier. Ahah ! Moi perso je m'en fou, mais dommage pour Laurent. Surtout qu'on a reçu un prix spécial dernier: un pack traileur d'overstim je crois, enfin un truc de poudre et/ou gels pour péter la forme, et qu'on aurait du partager, et même qu'il aurait récup entièrement, car je ne souhaite pas consommer de ces produits industriels on-sait-pas-ce-quil-y-a-dedans.

Bref, je finis. Dernier, mais je m'en fou, finir c'est déjà très bien, et un beau repère de progression depuis mon premier trail, celui des sources à Faverges il y a un an jour pour jour.

Profession de foi et confirmation (:D)

J'ai goûté au long, et ça me plaît. Hachement tu vois. C'est fait pour moi. J'ai douillé, mais j'ai adoré.

Sur le pourquoi du comment j'ai douillé, je suis encore bien interrogateur. Bien sur il y a la chaleur. Mais explique t-elle simplement ce gros coup de massue au 60eme, et ce pendant 12h ? Pas de gros signes de déshydratation, hyponatrémie, pas de problèmes digestifs, pas de crampes, pas trop de cassures musculaire semble t-il (aujourd'hui je prends les escaliers, pas les escalators). Mais pendant 60 bornes j'ai eu les cuissots tout durs, limite semi contractés en permanence. Le froid et le repos aidaient bien, mais vas chercher du froid durant cette édition... Peut être que les 3 semaines de repos étaient un peu too much aussi.

En tout cas, j'ai l'impression d'avoir pu m'écouter et le roseau à pu saisir l’accalmie pour finir l'aventure en se redressant un peu, et j'en suis tout content :-)

La montagn'hard, une orga de folie pour un parcours excellent

Que dire sur l'orga, le parcours, bref, la course de manière générale ? Fantastique !

Pas un seul point noir au tableau. Tout est prévu, millimétré. Balisage au top, ravitos excellents, surtout passé la bifurcation 60/100km, avec des bénévoles d'une gentillesse incroyable aux petits soins. C'est un trail que je referais avec plaisir. Pourtant j'aime pas trop refaire toujours la même chose. Mais là, c'était vraiment excellent. Et j'ai une revanche à prendre :-p, même si le chrono n'est pas la motivation première !

A bientôt sur les chemins !


Commentaires migrés de l'ancien blog:

Samontetro: Joli récit que je n'avais pas vu. Oui, sur un ultra franchir l'arche d'arrivée est un réel bonheur! Tu t'es lancé une gros défit et tu l'as relevé, bravo! Pour le coup de mou, tu verras avec l'expérience que sur ce genre de distance l'hydratation et l'alimentation sont un élément essentiel. Tu avais du mal à manger aux Conta, coup de mou derrière... gros manque de sucre sans doute! Bravo crayultratux!

  • Dpart au lever du soleil

  • Pas besoin de la frontale

  • Vue sur les Aravis me semble t-il

  • Grimpette dans la verdure

  • Y a du lourd un peu plus loin

  • Qu'est ce que c'est touffu !

  • ça se dégage un peu

  • Très roulane

  • uper descente, très agréable à courir. Avant la bifurc du 37

  • Depuis le Mont Joly

  • A Tré la tête, avec le Bagnard

  • Cryothérapie à Tré la tête

  • Mont Joly

  • Mont Joly

  • Depuis le Mont Joly

  • Il arrive oui ou merde, ce Mont Joly ?!

  • Vue depuis le Mont Joly. Je suis exténué

  • Un peu de repos avec du frais

  • Dernier ravito. Je suis sec

  • Je discute avec des randonneurs et l'un d'eux m'immortalise avant l'assaut final au Mont Joly

  • Je suis sec, mais souriant

  • Arrivés ensemble, derniers !

  • Voilà, arrivé !

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