Grosse bambée en Belledonne avec Julien

Grosse bambée en Belledonne avec Julien

Une grosse bambée trail running / rando course sans le tag "solitaire" sur le récit: ça fait plaisir ! D'autant plus que j'accompagne là un passionné de la montagne, on est loin de l’entraînement çamfaitchiermaisilfautcequilfautpourperformer.

Une semaine après la maxi race, j'accompagne donc Julien sur un WE choc en Belledonne. Julien prépare l'UTMB, et l'objectif du WE, outre se faire plaisir, c'est faire du D+. ça tombe bien, j'en ai besoin aussi pour l'Echappée Belle, et je kiffe ça. Le plan ? Environ 70/80km 5000/5500D+ sur deux jours.

Gras et alcool (1)

La veille, apéro, barboc, le rosé du fréro de Julien vient s'ajouter à la bière pour une soirée pleine de discussion autour du trail, de la montagne, et d'expériences plus ou moins cocasses de chacun.

Je fais sécher mes aiguillettes de canard sur le bbq pour le lendemain. En autonomie, y a un sujet primordial: le ravito. Et on a le choix. Perso, je laisse les tucs, les bouts d'émental et autres saloperies aux queux de roulette (comme y dit rayarun de kikourou) qui n'ont su éduquer leur estomac et n'ont pas de savoir vivre.

En plus des aiguillettes de canetons, j'ai dans le sac de la tome des bauges, un époisse, et du saint nectaire. Côté charcut', des tranches méga larges de jambon sec. 2 œufs dur par personne s'additionnent au pain/brownie emmenés par Julien. Lui emporte du porto, moi de la chartreuse.

Départ

Levé à 5h ou 5h30 pour commencer tôt depuis Revel. On commence un peu en retard, vers 7h30 il me semble. C'est parti pour la rando course.

Quoi ? rando course ? Ptain mais il envoi du steack le Julien là, bordel, j'ai du mal à suivre. On s'échauffe pas ? C'est l'échauffement là ?

Départ de 1300m d'altitude, on est partis pour la croix de Belledonne, 2926m... Tin l'enfoiré, il est facile, moi j'ai le palpitant et les mollets qui prennent cher. Heureusement, quelques pauses photos me permettent de reprendre un peu de temps en temps, le long de la montée jusqu'au premier lac, qui nous fait traverser l'étage forestier, avant d'arriver dans un espace plus minéral.

Les fenêtres sur la chartreuses sont sympathiques, on a une vue bien large sur tout le massif, du côté des falaises abruptes. Belledonne se découvre doucement, de plus en plus chaotique. Nous continuons en direction du col de la Pra, ou les premiers névés nous ralentissent un peu. Puis direction la croix, le point culminant de notre périple. Les névés laissent place à un espace totalement enneigé, nous chaussons les crampons. Yaktrax pour Julien, ma nouvelle acquisition de chez nortec, qui ressemble à des crampons rando/alpi miniature, pour moi.

Croix de Belledonne, 2926m

La montée à la croix est difficile, mais nous progressons tout de même rapidement, à en croire les quelques personnes en rando que nous doublons, dont une qui galère grave dans une forte pente enneigée. La neige est de qualité bien médiocre (je garde le pourrie pour plus tard), et les crampons aident mais ce n'est pas magique.

Le panorama, arrivé à la croix, est tout simplement exceptionnel. Ce sommet offre un point de vue sublime sur le lac blanc.

Direction le lac Blanc

Nous redescendons en courant dré dans le pentu dans la neige. C'est excellent !

On doit se taper un col tout aussi enneigé un peu plus loin. Un skieur nous attends pour nous questionner sur notre programme. Très bon reflexe, que de demander ce que deux mecs "en baskets" vont faire en direction d'un col qui n'a pas été emprunté par des skieurs depuis un moment, et certainement par aucun traileur depuis les première neiges :D Rassuré par la vue des crampons à nos pieds et par les réponses de Julien, il nous souhaite une bonne balade.

Une fois le col passé, nous basculons en descente en passant sur le glacier. Les cairns ne sont pas bien visibles, mais nous arrivons à trouver notre chemins jusqu'au lac blanc.

Julien commence à douter de son programme, surtout du temps que nous mettrions jusqu'à l'auberge réservée à Chamrousse. Nous avons en effet déjà 1h à 1h30 de retard, et l'itinéraire prévu nous ferait emprunter un chemin inconnu de Julien, probablement enneigé, aux conditions dans tous les cas difficiles mais inconnues.

Par chance, un peu plus loin, nous croisons un couple de randonneurs qui nous assurent que "ça passe". Il n'ont pas l'air plus équipé et expérimentés que ça, ça doit donc effectivement passer, par "l'ancien GR", qui nous fait gagner 1 ou 2 km sur le plan de Julien. On va tenter.

Col de Sitre

Après une tentative de racourci dans un pierrier, qui nous oblige en fait à longer le torrent jusqu'à trouver "le pont" (une planche, le pont a du être arraché), nous nous mettons en route pour le col de Sitre. ça grimpe grave, et j'ai une dalle monstrueuse. Nous doublons des anciens. Ils ont bien du courage, les papis/mamies, car c'est hardos ! Je me calle dans le rythme de Julien, essayant d'oublier que ça fait déja environ 6h que nous sommes partis, et que je n'ai rien avalé. Je sais que Julien est préoccupé par la durée nécessaire pour passer les points les plus hauts, les plus exposés, alors que des orages sont annoncés en fin de journée. Mais c'est dur, et je sens que si je continue, la machine va faire grêve. Je négocie donc que l'on mange en haut du col. Il nous restera environ 300mD+, sur terrain inconnu.

Gras et alcool (2)

Voilà, une petite pause bouffe qui fait du bien. J'en pouvais plus ! Caneton, fromage à foison, pour satisfaire le bidon ! Et petite goutte de porto avant, de chartreuse après.

On imagine vaguement par où on va passer. ça ne peut pas être dans ce gros névé... ça semble haut, trop haut, et compliqué. Un couple de donneurs surgissent et nous leur demandons les conditions. C'est enneigé, mais ça passe, disent ils visiblement un peu marqués, "on est passé par la crête, qui est déneigée".

Névé et compagnie

Nous reprenons la route, il ne faut pas traîner, car le temps passe vite tout de même et nous devons être à Chamrousse pour 18h ou 18h30. Nous découvrons vite que ce que nous apercevions, ce grand névé, est bien ce qui nous attends pour arriver au col. Il faut en faire la traversée en dévers, en montant légèrement, pour finir par un petit mur et terminer nos 300mD+ restant.

C'est très difficile, fatiguant. Une chute risquerait de nous emporter loin, il s'agit donc d'être sur de ses appuis. Mais la neige est molle, très mauvaise. Et parfois, la jambe s'enfonce jusqu'au genoux ou mi-cuisse dans un trou. A un moment, je reste même totalement bloqué dans un trou, impossible de ressortir le pied, et dois le déneiger à la main pendant 5mn.

Pfiou, dur dur.

Mais une fois arrivés au col, nous sommes soulagés d’apercevoir que la descente sur l'autre versant est globalement déneigée. C'est que c'est sympa les névés, mais c'est crevant !

Descente vers Chamrousse. Je ne me souviens plus de la suite avec force détails. On repasse par le lac du Doménon je crois. Et par le refuge de la Pra et son plateau vert et humide.

Par la suite, c'est du cailloux et du cailloux, ça commence à piquer les cuissots, et faut pas traîner, toujours la problématique de l'heure d'arrivée au gîte. Par ailleurs, un orage va pas tarder à exploser. ça commence à gouter d'ailleurs sur le chemin des lacs Robert, mais ce ne sont que quelques gouttes de bordure, l'orage est un peu plus loin, nous y échapperons.

Aux lacs Robert, nous continuons sur sentier plutôt que d'emprunter les pistes de ski, et apercevons les traînées de pluie qui tombe sur la chartreuse, dans le soleil qui commence doucement, mais sûrement, à décliner, sur fond rosé/orangé.

Chamrousse nous voilà !

Dur dur de trouver le petit hôtel ou nous logeons dans la station. Mais nous y sommes à peut près à l'heure, on s'envoie une bibine, une tite douche et un bon repas bien gras avec du pinard.

On l'a bien mérité !

Redécollage

Le lendemain matin, on n'attend pas le petit dej servi à 7h, mais mangeons 3 conneries dans la chambre avant de prendre la route vers 5h.

Montée à la croix de Chamrousse par les pistes de ski, ça pique comme départ. De là haut, nous avons une vue panoramique sur le Vercors et la chartreuse.

Nous redescendons vers les lacs Robert puis allons rendre visite aux Vans. C'est désert, minéral à souhait. Un chamois tente de nous assassiner en dévalant un pierrier d'une verticalité impressionnante et en envoyant valser une pierre, que l'on entend prendre une vitesse effroyable. Heureusement nous étions loin, mais autant aux chamois, s'ils ont l'air tout mignons, ils peuvent être sournois :D

Les Vans

Entre les restes de névés, les pierriers et les bouts de chemin indiqués par des cairns à travers des gros blocs de pierre, la montée au Vans est pour le moins technique et fatigante.

Mais quelle vue de la haut ! On doit y voir les écrins. Plus proche, quelques chamois jouent les alpinistes sur des parois monstrueusement verticales, avec 1000m de vide en dessous. (mais les photos ne rendent rien donc je vous laisse imaginer)

Repassage par le refuge de la Pra

Je ne sais plus par où qu'on passe par la suite, mais ça redescend pas mal sur un bon petit single track technique (oui forcément, Belledonne !).

Puis ça remonte grave un col dans un pierrier. Puis quelques derniers km nous séparant du refuge de la Pra se font sur un plateau totalement magique. Il y a des ruisseaux, la vue est magnique, c'est très vert.

Un trio de traileurs qui nous devançaient dans l'ascension du col se trouvent embêtés devant les ruisseaux et les longe. Alors que Julien, qui est devant moi, me montre un marquage: il faut traverser.

Julien n'a pas le temps de terminer sa phrase "attends ! ...", il se tâtait à retirer les chaussures, mais j'ai déjà de l'eau jusqu'au dessus des genoux, et il décide de me suivre ainsi.

Au refuge, 2 tournées de bière blanche, une de porto, dernier ravito solide, le tout en profitant du soleil.

Julien observe les nuages qui se forment et s’agrègent depuis quelques heures. ça va péter. Nous ne traînons donc pas et gardons la chartreuse pour le haut du Brévent.

Montée au brévent

En fait, ça va péter bientôt. ça tourne vite. Donc en avant, on va se taper le Brévent en vitesse. Julien me laisse sur place, je suis lent. Je donne pas tout ce que j'ai, je sais qu'il faut que je sois aware si il doit se passer quelquechose. Julien prend les choses au sérieux et envois des infos par sms à ses frangins. J'ai le cardio dans les nuages, le brévent c'est pas de la petite pente... Mais pas de surprise: on voit le col, c'est facile de se canaliser.

à 100m du col, ça commence à tonner. Arrivés là haut, c'est sauve qui peut: pas un putain d'arbre, pas une végétation, c'est minéral comme la lune, rien ne dépasse.

Et ça commence à péter, pas bien loin de nous. Donc c'est descente en courant: objectif retrouver les arbres.

Stay focus. ça rigole pas.

Finalement, nous nous prenons une bonne dose de pluie, mais atteignons la voiture sous le soleil, qui reprends vite le dessus sur l'orage qui s'éloigne.

A la voiture, les dernière gouttes de chartreuse passent bien ! 62km 5000mD+ dans Belledonne. C'était génial.

  • Vue sur la Chartreuse depuis Revel

  • On commence à quitter la forêt

  • Le lac du Crozet

  • Bien plus minéral que dans la forêt

  • Quelques petits névé à partir de 2000m

  • Puis des névés un peu plus important plus haut

  • On ne va pas manquer d'eau

  • Attention aux coups de soleil

  • Les lacs du Doménon

  • Direction la croix de Belledonne

  • On apperçoit la croix... MAis ça grimpe !

  • De la croix: lac Blanc, et la Chartreuse

  • Direction Chamrousse

  • Mettre l'Amour au sommet !

  • Ju dans son élément !

  • Redescente du névé, ça se court bien c'est très sympa !

  • on pourrait faire de la luge, aussi

  • Le lac Blanc, superbe

  • Une couleur magique !

  • Un peu froide pour s'y baigner tout de même

  • Le ravin des Excellences

  • On a pas vu le sentier... On coupe dré dans le pentu

  • Quelques belles couleursapportées par les fleurs dans cet environnement minéral !

  • Belledonne ne manque pas d'eau !

  • Du col de la Sitre...

  • De retour au lac du Crozet

  • Alpage devant le refuge de la Pra

  • Lac Longuet ?

  • Combe de Jasse Bralard ?

  • Il pleut sur la Chartreuse... Le grain va arriver sur nous, rentrons vite à Chamrousse

  • Chamrousse

  • Ascension des Vans

  • Des copaings chamois profitent du soleil

  • En haut du petit Van

  • Du haut du Petit Van

  • Vue sur les Grandes Rousses

  • Sommet du Grand Van

  • Quelquepart avant la Pra

  • Quelque part avant la Pra

  • Dernier ravito... à la Pra

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