Non-pointage au sommet du Colombier pour le GR73

Autour du GR73

Quelques jours à peine avant l'édition 2016 du Grand Raid 73, trail de renom dans le beau massif des Bauges, je vois passer un appel à bénévole pour pointer au sommet du Colombier. Ni une ni deux je dis que j'y serai: j'étais justement en train de planifier une balade en rando/bivouac dans les parages afin de garder un oeil sur les conditions en prévision de la prochaine balade, mon ultra en off "Tourisme en Bauges".

Saint Pierre d'Albigny - Col de la Fullie

Je m'élance donc vendredi vers 17h de Saint Pierre d'Albigny, chaussé de mes grosses et portant un gros barda: de quoi dormir dehors malgré une température, la nuit, bien fraîche, et de quoi grailler un peu. Ainsi que le reflex, bien entendu.

C'est pas tout léger, et la grimpette au col de la Sciaz me rappelle comme il est agréable de courir avec un simple petit sac voir seulement une flasque dans le slip.

Je débouche néanmoins assez rapidement (toujours plus vite que ce qui est annoncé sur les panneaux, donc c'est qu' c'est pas si pire encore) au mont Pelat et me remémore alors ma sortie "Traversée des Bauges en 3 jours" de l'année passée. Un an quasi jour pour jour, j'étais au même endroit, face à cette barrière empêchant les vaches de vagabonder sur le sentier suivant la crête jusqu'au col de la Fullie, faisant face au Colombier et à la montagne du Charbon et son Trelod.

J'écrivais alors, en mai 2015, repensant à cet endroit précis:

La perspective d'un bon run est fantastique de cet endroit. ça commence à se raidir dans ma culotte.

OH YEAH.

Là je pense à la citation d'un kikou de kikourou.net: "Le trail: toi et la terre entière comme terrain de jeux". C'est ça, mec ! Et aujourd'hui, pour moi, c'est les bauges le terrain de jeux. Et je vais m'éclater !

Ici ça ne va pas être un run, mais après quelques photos, notamment de la dent d'Arclusaz, si chère à notre grand kikou bauju éponyme, je revois le rythme à la hausse en espérant arriver sous le Colombier assez tôt pour profiter du coucher de soleil.

J'ai un œil sur le Colombier, tacheté de blanc, et pense avec malice au commentaire que je pourrais lâcher sur le fil du GR73 sur Kikourou - ma présence n'étant pas annoncée.

Une source sur place m'a fait parvenir cette photo. Il reste un peu de neige, mais les yacktrax ne devraient être nécessaires qu'aux moins audacieux d'entre vous ;-)

Si javais su !

Au col de la Fullie, je rencontre 3 jeunes de Chambéry qui ont ramenés la tente. S'il n'ont pas l'air ni très sportifs ni très montagnards, ils sont en revanche bien sympathique et ça fait plaisir de les voir partis à l'aventure ainsi. L'un a son appareil photo et espère bien chasser du chamois. Ils ne connaissaient pas l'existence du GR73, et je n'ose leur casser l'espoir de voir des bestioles le lendemain... Il faudra tout de même monter tôt !

Après avoir rempli une vache à eau (sac étudié pour transporter un grand volume d'eau sans la renverser une fois posée, mais dans un matériau souple permettant de la ranger dans un volume très faible) de 8 à 10L d'eau, je commence l'ascension en direction du col de Cochette, souhaitant m'installer pour la nuit un peu plus en altitude.

Belle étoile sous le Colombier

Dans la pente à 35%, je bifurque dré dans le pentu pour rejoindre un espace plus propice à l'endormissement sans rouler-bouler. Finalement, je me cale contre un arbre, qui s'il ne rend pas le terrain bien plus plat, enrayera ma chute si je bouge un peu trop.

J'enfile quelques couches et me fait une platrée de pasta / soupe champi bien rapidement tout en installant le couchage. Je commence en effet à me geler sévèrement le cul. C'est une fois changé, dans le sac de couchage, que j’engloutis mon frugal repas tout en admirant la nuit s'installer sur les sommets des Bauges-devant et de Belledonne.

Quelle nuit, d'ailleurs !

Une nuit claire, sans aucun nuage, mais éblouie d'une pleine lune. J'y vois comme en plein jour !

J'ai un moment la tentation de faire quelques photos, mais le froid me fait hésiter. Je repense alors au film The secret life of Walter Mitty dans lequel le mystérieux photographe Sean O'Connell ne prend pas de photo du Léopard des neiges et garde ce moment pour lui même. Et fais de même. Montez voir un peu par vous même !

Le vent est fort et froid, et je ne laisse dépasser que le visage. Le matin, il m'en coûte de me lever pour me changer et ranger, alors que la température est toujours aussi basse - 1 à 3° environ d'après les prévisions à cette altitude - et le vent toujours aussi présent.

Petit dej au sommet

La vache à eau s'est mal positionnée avec la pente, et ne contient plus que 2L d'eau environ. Heureusement, en redescendant vers le chemin, je croise un filet d'eau et refait le plein. Je reprends l’ascension du Colombier telle une mule trop chargée. Pourquoi cette flotte ?

Et bien mon poste de bénévole est le pointage des coureurs au sommet du Colombier. Un endroit sympa pour faire une pause, et éventuellement reprendre un peu de force avec un thé ou une soupe. J'ai de quoi servir quelques verres, avec mes deux sachets de soupe, mon bocal de thé et mes 10L d'eau !

Du col de Cochette, l'ascension du Colombier ainsi chargé est une belle épreuve. La vache à eau passe de main droite à main gauche, et vice versa, régulièrement, et ajoute quelques bons kilos qui m’entraînent au plus profond dans les quelques dernière accumulations de neige mal transformées.

Là haut, je profite cependant d'une vue spectaculaire sous un soleil éclatant et un ciel vierge de tout nuage. J'installe le réchaud à l'abri du vent et prépare le petit dej.

Y a pas à dire, ça a de la gueule !

Débalisage et autres passe-temps

Un traileur n'ayant aucun lien avec le GR73 arrive et m'annonce qu'il a vu des personnes de l'orga, et qu'ils ne feront pas monter les coureurs là haut. Ah ben ça alors ! Je lui offre la fin de mon thé et commence à remballer, alors qu'arrive mon camarade de pointage, qui me confirme la décision de shunter le sommet.

Nous nous partageons donc la tâche de débaliser le sommet, et j'attaque donc le parcours "descente", responsable de la décision.

Je renonce donc aux soupes/thé au sommet, vide ma vache à eau, et débalise rapidement les 350m de dénivelé qui séparent le sommet du col de la Cochette, où je reste tenir compagnie aux bénévoles pointeurs, donner des indications aux coureurs, prendre quelques photos...

L'envie de bouger me démange et je pars donc à la rencontre de Bubulle, avec l'appareil photo, laissant mon barda au col. L'occasion de donner quelques indications qui généralement remontent le moral des troupes, quant à l'eau à disponibilité peu après le col ou le dénivelé restant avant la fin de "la bosse", qui dure depuis de longs kilomètres.

Bubulle, peu bavard dans sa situation "objectif majeur", est un peu atteint par la chaleur et a une petite fringale. Je l'accompagne jusqu'au col dans un presque-monologue avant de lui filer du médicament. La santé par les plantes, et hop ça repart taquiner de la pente.

Plus tard, je tente d'aller chercher Rayarun, mais remonte sans lui: j'avais commencé à sortir du tracé (balisage moins visible en sans inverse !) et ne voulais pas rester trop bas.

Finalement, alors que je repars aux Aillons pour me faire remmener sur Cruet (départ/arrivée) avec tout mon barda, je croise Yann. Bien plus expressif que Bubulle, il se jette sur moi, visiblement content de trouver un peu de compagnie alors que la cuisson est en cours depuis quelques heures déjà. Je refais demi-tour pour l'accompagner au col, saluant pour la 4eme fois mes camarades de pointage :D

Alors qu'il ne voulait pas céder à la tentation, Yann accepte finalement de siroter un peu de Chartreuse lorsqu'il apprend que Christian en a usé.

Avec une banane jusqu'aux oreilles et l’œsophage désencombré, il reprend son bonhomme de chemin en trottinant et moi le mien en marchant.

Nous nous retrouvons à l'arrivée, Yann, Christian, et Manu, qui nous offre l'hospitalité :-)

Clin d’œil littéraire

Le clin d’œil avec le bouquin sur les photos est destiné à Olivier, dont je conseille à tous de jeter un œil à ses récits d'aventures. Après avoir traversé l’Afrique en tandem avec sa compagne, traversé en vélo les massifs majeurs de France (récit dans le bouquin "Au pas de ma porte"), Olivier repars à l'aventure avec sa compagne et son enfant cet été, toujours à vélo, aux états unis cette fois ci. Nom de code: Prends ma roue !

  • Belledonne, alors que je me retourne en progressant vers le Mont Pelat

  • La Dent d'Arclusaz

  • Le Colombier à gauche, le Trelod au centre-droit

  • Le jour baisse, e presse le pas

  • Chalets de la Fullie

  • Chalets de la Fullie

  • Lever de soleil depuis mon lieu de bivouac

  • Lever de soleil depuis mon lieu de bivouac

  • ça meule sous le Colombier !

  • Belles couleurs pastel...

  • On est pas bien, là ? A la fraiche

  • Je remballe, on va aller voir là haut

  • Le livre m'a plutôt occupé dans le train, mais c'est un bel endroit pour un clin d'oeil

  • Les avions sont de sortie, ça chemtrail de partout

  • Reprise du sentier vers le col de Cochette

  • L'heure du petit dej !

  • Et d'un deuxième clin d'oeil ;-)

  • Depuis le sommet du Colombier

  • Le regard porte loin

  • Avec un ciel si dégagé

  • C'est b(e)au[ges]

  • 2043m

  • La chartreuse au loin, avec son Granier qui s'éffrite

  • Et zut, va falloir enlever le petit fanion orange

  • Faudra reviendre les copaings

  • En tout cas moi j'ai adoré :-)

  • Pas très règlementaire ce planté de bâton MN style

  • Ravitaillement règlementaire

  • Alors Bubulle, ça décrasse ?

  • Comment ça s'ouvre ? Enième difficulté de parcours

  • C'est goûtu :-D

  • Et papi Yann, il kiff ça finalement !

  • Manu et Christian à l'arrivée

  • Tu t'es vu, quand t'as bu ? (quand t'es arrivé ;-))

  • Lapin runner, Raya crétin ? Ah non, l'inverse :-p !

  • Le maitre de l'éponge et son bob

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