Echappée Belle 2016

Échappée belle 2016, quelle belle balade !

Dimanche, 5h30

Je franchis en marchant avec soulagement la ligne d'arrivée en compagnie de Julien, avec qui je sonne la cloche, avant de filer picoler deux binouses.

État d'esprit ? C'était une bien bonne balade, enrichissante, passionnante. Longue, et j'ai très mal aux pieds. C'est temps que ça se termine. Je suis loin des objectifs que je m'étais fixés, certes très ambitieux, mais très satisfait quand même.

Dimanche, ~ 15h

Je suis dans un train pour Lyon. Seul dans le compartiment 8 places. Mes pieds pleins de bobos et de ducktapes ont dû rebuter les autres voyageurs. Je fais un petit dodow, serein. J'ai mal, mais moins que lors des derniers kilomètres, et je serai bientôt chez moi, à récupérer avec du gras, de la bière, du vin, de l'abricotine, du fromage...

Lundi, ~21h

Je me fais cuire un magret de canard et ouvre une bouteille de pif. J'ai eu la flemme de commencer mon CR, mais j'ai pas mal répondu des conneries sur kikourou. J'ai pas beaucoup dormi, mais ça va, je tiens le coup, alors que je n'ai pas pris de congés. Pas de courbatures, juste les jambes lourdes et les pieds défoncés. D'ailleurs, pour aller faire les courses, j'ai hésité entre les tongs et les chaussures route... J'ai pas forcé dans les tongs, ça passait pas. Dans les routes, pas besoin de faire les lacets, ça tient tout seul.

Jeudi

Hier je suis allé faire un tour de vélo. 45km, A/R au lac. Tout va bien, je suis près à repartir. Juste les pieds un peu gonflés, encore. Beau contraste avec l'année dernière. Bon aller, parlons de la course un peu. J'écris le CR.

Vendredi 2h45

Réveil. Après quelques heures à me retourner dans tous les sens sur un tapis dans le gymnase, je me prépare à prendre la navette pour Vizille, qui part à 3h30.

Petite anecdote: une nenette de l'orga dormait là aussi. Première image lorsqu'elle décolle une paupière: moi en train de me noker les couilles. De quoi débuter facilement une petite discussion dans le car pour Vizille puisqu'elle a pris la seule place dispo... à côté de moi.

A Vizille, nous avons le temps de prendre un petit dej. Je retrouve quelques têtes connues, comme la veille: Bottle, Pierre-Yves, Cyss, Rachid, M_Baton... Bref le temps passe vite entre le café et les discussions et nous nous retrouvons sous l'arche de départ à écouter le briefing de Florent, qui refait la course cette année, et qui nous bassine une nouvelle fois son slogan "gestion, gestion, gestion".

Vendredi, 6h - Départ

J'aimerais y aller mollo sur les premiers décamètres, mais ça part vite autour de moi et comme tout le monde, ce n'est pas de l'échauffement mais un rythme déjà trop important pour mes petits muscles. ça tiraille un peu les périostes et les releveurs, mais ça va passer. Autant profiter de la fraîcheur, de toute façon. Avec 22° à 2250m, on va pas crever de froid...

Je ne me laisse pas happer non plus et monte sereinement jusqu'à Arselle. La pause est réduite au strict minimum et je repars toujours à rythme raisonnable vers le refuge de la Pra. Nous quittons la partie boisée pour rejoindre le vrai Belledonne, minéral, rugueux, et totalement découvert sous le soleil ardant.

Je le sais, la journée va être longue pour moi. Je prends mon mal en patience et avance à allure raisonnable mais en portant une attention toute particulière à mon hydratation, mes sensations, et à mon refroidissement corporel. Dès que possible, je m'asperge la tête, le dos, le buste d'eau fraîche.

L'avantage, c'est que la vue sur les paysages magnifiques de Belledonne est particulièrement sympathique. Pas un nuage, visibilité et couleurs incroyables. Je redécouvre les lacs des Doménons, superbes.

Je lutte contre la chaleur et je sens bien que mes capacités sont fortement diminuées, mais avec patience, je continue et atteins la croix de Belledonne après 7h de course. 13h, plein cagnât. La redescente fait du bien, et je profite cette année de la descente du col de Freydanne pour faire de joyeuses cabrioles. L'année dernière, impossible de m'engager, j'étais paralysé par la déshydratation, les crampes. Cette fois ci, je dévale tranquillement jusqu'au lac Blanc.

Toujours aussi magnifique, ce lac Blanc. J'adore.

La pause à Jean Collet est plus longue que je ne l'aurais voulu, comme à la Pra. Avec ces températures, je n'ai pas le choix. Gestion, gestion, gestion. Et la gestion passe par reprendre des forces, se réhydrater... Et protéger l'échauffement que j'ai aux cuisses avec de la vaseline, une compresse et de la bande de strap. 30 bornes et j'ai déjà les cuisses qui suintent...

L'ascension du col de la mine de fer est longue, épuisante. Le pas de la coche ? Pas mieux. Je me traîne. Je rêve de sauter dans un trou dans un lac gelé.

Avant le Habert d'Aiguebelle, après les assauts répétés du soleil pendant 12h, l'épuisement me fait me poser 10mn. Je sais déjà que mes objectifs ambitieux peuvent être mis au placard. Finir avec quelques heures d'avance sur l'année dernière sera bien. Surtout que le col de l'Aigleton semble inquiéter pas mal de monde.

J'ai annoncé une sieste à Elena et Raya, mais ne reste allongé que 10mn, et continue mon bonhomme de chemin. Au Habert, je retrouve Pauline, une petite blondinette qui fait l'intégrale en relai avec son copain, avec qui je faisais le yoyo depuis Arselle. Elle abandonne, ne pouvant plus boire ni s'alimenter. C'est le cas d'autres coureurs, visiblement.

Xavier est là, pour lui aussi c'est dur. Mais ça repart.

Le col de l'Aigleton est en effet une belle vacherie de plus, avant d'attaque le col de la Vache. La montée n'est pas technique, et principalement herbeuse, mais bien raide. La descente l'est un peu plus, et bien raide également. En tout cas, mon rythme est toujours bien lent, et il fait toujours bien chaud. Je commence à avoir mal aux bras: j'ai pris les bâtons mais ne me suis pas entraîné avec. Et vu ma difficulté à avancer en montée jusque là, je me suis bien tracté avec.

Le col de la Vache, toujours aussi technique, demande surtout de la patience. Là haut, je sors la frontale, qui me sera utile en approchant du lac Lac, en bas de la descente. Finalement, je n'ai pas beaucoup d'avance sur l'année dernière :-( ! J'y avais sorti la frontale au même endroit. Il faisait juste un peu plus sombre.

Comme l'année dernière, je n'ai pas la force de courir et adopte la marche rapide en direction du Pleynet. A part quelques décamètres courus dans la descente, tout ça se fait bien lentement... Et le "tour à la con" autours du Pleynet, qui nous fait remonter, redescendre, remonter, redescendre inlassablement me parait affreusement long, alors que j'en avais déjà gardé un mauvais souvenir de l'édition 2015...

Lorsque le sentier se transforme en large piste forestière, je me remets à courir, et envoie la cavalerie. C'est bon, c'est plié, dans moins de 10mn, je suis au Pleynet. Une arrivée "au sprint", ce qui déclenche de sacrés encouragements. 1h d'avance seulement sur l'année dernière (avec l'Aigleton en plus).

Je retrouve Julien qui va m'accompagner comme pacer jusqu'à Aiguebelle. Nous allons manger un plat de pâtes. J'avais imaginé m'en passer, mais vu les conditions, ça ne va pas être possible. Je dois reprendre des forces, mais aussi laisser reposer les pieds à l'air avant de les noker et changer de chaussettes: ils font la gueule. Je dois refaire un bandage à la cuisse droite, qui est parti en miettes, en faire un également dans le dos, j'ai le sac qui a frotté fort d'un côté.

Samedi, 0h05 - En compagnie de Ju, mon pacer

Une heure est passée et nous nous remettons en route. L'année dernière, j'arrivais complètement crevé et je repartais deux heures plus tard.

La descente à Fond de France est avalée goulûment. Les quelques concurrents doublés marchent: quelle idée ! J'ai un bon coup de bien, le plat et faux plat est couru à bonne allure. Puis ça part dré dans la pente, et là les choses se corsent: ça fait 15H que j'ai du mal à grimper, ça va pas changer maintenant... Mais avec patience, un pied devant l'autre, ça se passe bien. Il fait encore très chaud, et je me mouille quand je peux. Julien s'échauffe tranquillement comme ça :)

J'ai tellement souffert de la chaleur que le but est de profiter au maximum de la nuit. Alors à la grande Valloire, nous dégustons un thé bien sucré mais décollons rapidement sans nous poser près du feu. Objectif Gleyzin, je verrais si j'ai besoin de dormir là bas ou pas. Je laisse Julien passer devant et nous essayons de marcher rapidement. Finalement ça se passe pas mal. L'année dernière, j'étais un zombie dans cet endroit.

Lac du Léat... C'est bon, on veut envoyer la sauce ! Coup de mieux avec la pente qui s'inverse, nous courons à bonne vitesse tout le faux plat et la descente vers Gleyzin. Un bon 12km/h sans problème. C'est toujours ça de pris.

A Gleyzin, je me sens pas trop mal, l'adrénaline concoctée pendant la descente empêche la fatigue de s'exprimer: nous repartons pour le col de Moretan. Mais je me retrouve à galérer dans l'ascension, je me traîne vraiment. Julien est encourageant et pense que "ça va encore", mais à 80m les 10mn, je suis loin de mon rythme habituel...

Plus on s'approche du refuge de l'Oule, plus la fatigue m’envahit et je commence à tituber, à avoir des pertes légères d'équilibre. Au refuge, je décide donc de faire une pause dodow. 25mn dans le lit. Comme un con, je n'enlève pas mes chaussettes, mais la pause allongée me fait un bien fou.

Il fait jour lorsque nous nous remettons en route pour le col si redouté. C'est franchement moins roulane après autant de kilos dans les jambes et la fatigue accumulée que lors des reco, fussent elles lourdes et fatigantes, voir de nuit, effectuées cet été. Mais nous finissons par arriver là haut, accueillis par une bonne troupe, dont Math-kiri et Chris-l'avion.

Je suis surpris de voir arriver Manu, l'avion Chambérien qui a l'air en pleine forme: il a dormi 4h au Pleynet. Ah !

La redescente à Périoule est bien lente: j'ai affreusement mal aux pieds, il va falloir que je renoke, et regarde un peu ce qui se passe. C'est une charmante nenette des secours qui s'occupe de moi finalement et me pose des bouts de strap sur 3 doigts de pieds, après que je les ai bien nokés. Pas dégoûtée, la nenette ! J'ai de belles crevasses aussi. Bon, je vais faire avec.

Mes objectifs ambitieux sont totalement envolés dans ces conditions, mais finir en faisant mieux que l'année dernière sera déjà bien. Dans tous les cas, je suis dans un endroit superbe en très bonne compagnie, de quoi garder le sourire et la bonne humeur :)

Nous optons pour une descente marchée, plus prudent que ma course effrénée de l'année dernière. La remontée à la Pierre du Carre est toujours aussi dégueulasse, mais à l'heure à laquelle nous sommes passés, la température était encore acceptable. C'est d'ailleurs dans cette montée qu'Antoine Guillon nous dépasse, en courant en petits pas dans une pente à... 15% ? Avec le sourire, et un petit mot sympa. Alors qu'il est aligné sur... le 85km. Un autre monde...

Nous relançons à l'approche de Super Collet, une fois que les bobosses se font plus rares et le profil plus descendant. Je profite du caractère roulane des dernier décamètres pour accélérer et me faire plaisir à 14/15km/h dans la descente finale, offrant sans y penser un peu de spectacle aux accompagnants et autres spectateurs, qui pour le moment ne voient passer - outre Antoine - que des zombies du 144. Que ça fait du bien de courir !

L'arrêt au ravito est encore un peu long, mais la chaleur a fait son retour 5h auparavant et il faut se refaire un peu: on va se taper encore de bonnes montées en plein cagnât. L'occasion de voir les poursuivants - à 45mn d'Antoine - sur le 85km faire leur pause à la base vie. D'admirer un sketch, d'ailleurs, en la personne du 8eme, tenue compressport des chaussettes à la tête (forcément il est en team), complètement infect avec ses parents, venus lui faire l'assistance. A leur place, je lui aurais bien fait faire un tour ou deux dans ses hoka.

Aller, quand y faut, y faut. Julien et moi repartons à l'assaut. D'abord des pistes de ski, puis de la descente vers la passerelle du Bens, pour remonter sur le chalet des Férices. Ca fait un moment que j'ai laissé mes bâtons à Julien, acceptant sa proposition qu'il utilise les miens en portant les siens sur son sac: en effet, sur le mien, je n'ai pas vraiment de possibilité d'accroche de tels bâtons. Trop mal aux bras pour continuer à les utiliser.

La montée aux Férices dans une chaleur abominable termine de m'épuiser. Au chalet, je squatte une planche qui forme un banc et m'allonge dessus: pause de 10mn, sur le ventre, en fermant les yeux.

ça fait du bien, nous repartons. Les crêtes de jour: yes ! Comme ça me change de l'année dernière ! J'avais atteint les Férices à la tombée de la nuit. Je redécouvre, ou plutôt, je découvre totalement le coin. Et c'est sympa !

Par contre, bien sur, mes souvenirs de bosses "quand ça descend, c'est que ça monte", sont toujours vrais. En tout cas, ça se passe bien mieux que l'année précédente et à l'approche de Val Pelouse, alors que le sentier devient "courable", je relance, lançant à Julien un "j'ai envie de danser", les bras effectuant quelques mouvements improvisés aux dessus des sabots qui tricotent.

Danse avec les cailloux.

Et bim, nous relançons, et alors que deux 85km nous reprennent, que nous laissons passer, mais suivons de près, les rythmes s'accélèrent. J'ai un coup de bien, savoir que le ravito approche, et que ce sentier peut tout à fait se courir, me provoque. Les faux plats montant sont avalés à 10km/h, dans une aisance cardio-respiratoire et musculaire incroyable.

Ce que je ne fais jamais d'habitude, à l’entraînement, ou par le passé, en compétition de court, courir le vallonné, je le fais ici avec aisance, après plus de 100km dans les jambes.

L'arrivée à Val Pelouse est de nouveau un spectacle: lancé dans mon coup de bien, à courir alors que les heures précédentes ont été composées de rando (pas toujours rapide), j'arrive en sprint, à grand renfort des bras pour garder l'équilibre, sur le ravito, sous de forts encouragements. J'y repenserais plus tard: en effet, ça doit changer, pour les spectateurs, et être plus sympa, que la plupart des zombies qui arrivent au pas la gueule déconfite. Mais moi je le faisais pour moi, et je reste très concentré.

Pause dodow, stratégique. Je n'ai pas vraiment envie, et l'adrénaline qui est montée cache bien la fatigue accumulée, mais cette fois, je ne me laisse pas avoir, et je sais qu'ici c'est un point clé pour mieux continuer après. 30mn. Cette fois, je laisse reposer les pieds à l'air. Puis je change de chaussettes: j'en avais récupéré une paire dans le sac d'allègement de Super collet.

Encore énormément de temps passé à ce ravito. Mais frontale sur le nez, alors que le jour baisse, et que nous repartons, est né en moi une volonté sauvage.

Je vais partir en chasse.

Je ne parle pas de mon état de forme pressenti à Julien, seulement qu'on va en bouffer un ou deux, alors qu'il me parle de mon classement et du faible nombre de coureur qui a du passer pendant le dodow. D'abord me tester. 300m de dénivelé droit devant.

"Si t'as les jambes qui sont revenues..." profère Julien.

T'inquiète. Je ne dis rien, mais je sais déjà. L'orage tonne au loin. En fait non, c'est pas si loin. Les éclairs déchirent le ciel. Une pluie lourde mais peu fournie commence à tomber.

Une invitation à la transe. C'est pour moi, ça.

J'en rigole auprès de Julien, qui enfile sa veste: "j'avais prédis des conditions de viking. Jusque là je m'étais trompé. Pas de névés, canicule... Mais ça finit par arriver".

Bien sur, il ne faut pas rester dans le coin, mais je ne suis pas inquiet. Je jubile intérieurement, en affichant une façade prudente devant Julien. Bon, les 300m, on se les fait ? Je pars devant, manches remontées, appréciant chaque goutte d'eau qui se pose sur moi. La fin de la bosse arrive très vite et nous repassons en descente. Relance.

Et c'est parti pour une longue galopade dans la descente, moyennement technique - c'est à dire qu'on l'aurait marchée à n'importe quel autre moment de la journée - dans laquelle nous ne croisons pas grande monde.

La nuit s'est installée. Après plus de 38h de course, dévaler cette pente en frôlant les rochers, demande une concentration complète et totale. Je ne pense à rien d'autre. Je joue avec la montagne. Je suis un cabri qui n'a d'autre but que de placer une accélération quand c'est possible, d'amortir un changement de direction lorsque nécessaire, de gérer son effort dans le temps. Absolument rien d'autre n'existe.

Remontée, nouveau col. C'est parti, mon cabri. Tu vas voir Ju, si j'ai les jambes. Prépares les tiennes, pense-je intérieurement. Je lui explique mon hallu de l'année dernière. Le camion garé devant le refuge, c'était par là. Quel contraste avec l'année passée. Cette fois ci, j'avale ces 300m de dénivelé comme si c'était une part de brownie.

J'entends Ju haleter un peu derrière moi, alors que j'accélère encore, à 80m du col. Je prends un peu d'avance. Je suis bien. Je suis invincible.

Là haut, pas le temps d'acheter du terrain. C'est bon Ju, tu suis ? Je relance en descente / faux plat. Et bim, 12/14km/h vers le lac des Grenouilles. Les coureurs que je double doivent pas y comprendre grand chose: ils marchent tous. Désolé, j'en profite tant que je suis bien.

Et je ne suis pas bien, je suis plus que ça. J'ai déjà eu de nombreux coups de bien par le passé, mais ce n'est pas ça. J'ai atteint "le flow", c'est sûr.

Le viking est passé, temporairement, berserker.

Je ne cours plus, je vole. Le cardio monte à peine alors que j'avale le faux plat montant, parfois même des bosses à 8/10%, au pas de course. Absolument rien ne vient troubler cette quiétude, cette sérénité. Tout est facile, tout. Invincible.

Arriver au col du chat m'avait pris des heures l'année passée. J'ai l'impression que je viens de quitter Val Pelouse lorsque j'y arrive. J'aurais même continué un peu, avant de passer en descente sur le Pontet. Julien a du mal à me suivre, mais il n'est pas loin derrière.

Je continue ma folle échappée dans la descente qui se raidit, mais je sens que la forme baisse, que la transe s'éloigne. Nous dévalons tout de même les 2/3 menant au Pontet à vive allure. Mais elle est longuette, cette descente, et ça commence à taper dans les quadris. Lorsque je ralentis, voire passe en mode marche rapide, Julien s’aperçoit qu'il a envie de vomir. De mon côté, j'ai seulement tourné à l'eau pure depuis Val Pelouse et le bidou commence à râler, et lâche un peu d'air vomito.

Le berserker n'est plus, le viking est fatigué et il n'a plus trop envie de se forcer. Nous continuons à la marche jusqu'au Pontet. Après ce que je viens de vivre, ma course est réussie. Je n'attends plus rien de mon résultat. Je voulais initialement obtenir le meilleur temps, le meilleur classement à cette course. Les conditions ont été bien difficiles, surtout pour moi qui ne supporte pas la chaleur, et les nombreux bobos, les douleurs m'ont pris pas mal de temps. Je n'ai plus envie de me forcer, surtout que Ju est pas au mieux et m'annonce qu'il va devoir finir doucement. Il m'invite à finir seul si je veux, mais c'est hors de question. Je ne vais pas le lâcher alors qu'il m'a soutenu sur 70 bornes !

Au Pontet je propose donc à Ju d'aller nous reposer sous la yourte. Finalement c'est surtout moi qui me repose, il n'arrive pas à dormir. 30mn, de quoi bien refroidir. Quelques thés sucrés, quelques conneries à manger et à boire, nous prenons notre temps.

Puis nous repartons pour terminer cette longue Échappée, en marchant doucement. Avec le refroidissement, mes pieds souffrent maintenant énormément. Je marche sur des œufs. La fin est dégueulasse, chiante au possible. Mais bref, on y arrive.

Dimanche, ~ 5h30

Sans avoir couru un décamètre depuis le Pontet, nous arrivons sous l'arche, et allons sonner la cloche ensemble. 47h21, très loin de mes objectifs initiaux, qui au delà de faire "le maximum", étaient d'au moins faire 10h de moins qu'en 2015.

Près de 6h de mieux, tout de même, que l'année passée, avec le col de l'Aigleton en plus, des bobos gênants, aussi, en plus, et surtout beaucoup moins de fatigue et de douleurs musculaires. Pas d'hallucinations cette année.

Cette épreuve est une tuerie, tout de même. Moins de 35% de finishers cette année. Et j'obtiens la 81eme place sur 159, ce qui, tout de même, montre bien que les organismes ont souffert. Je me satisfais donc de ce résultat.

Mes plus grandes satisfactions ne viennent cependant pas du résultat en terme horaire ou classement, mais sont plutôt les suivants:

- J'ai encore énormément appris, et j'ai de nouveaux de nombreuses pistes d'amélioration. Je ne suis qu'un enfant, dans cette discipline.

- J'ai passé une deuxième partie de course géniale avec Ju. J'espère qu'il ne m'en veut pas trop pour le contraste "on avance pas" / "je vais te casser les pattes"

- J'ai atteint une phase absolument incroyable, "le flow" parfait, gardé pendant environ 2h.

Un grand merci à Ju, qui m'a supporté (dans tous les sens du terme) pendant 82 bornes, et est un grand ingrédient de ce succès.

Maintenant, je rêve du retour de l'hiver. De la neige. Et de la prochaine échéance: à mon tour de faire pacer, voire coach, pour El<3na, sur l'Origole 55km.

Aller place à la récup... Lecture de la culture et jardin Potager en lasagne... Et puis gras, bière & rock'n'roll

  • Avant les lacs Robert avec Pauline

  • Au col de l'Aigleton

  • Mon pacer m'attend :p

  • Pfiou, le col de Moretan, là haut...

  • Derniers mètres pour le col de Moretan

  • Au col de Moretan avec Manu

  • Au col de Moretan

  • Descente du col de Moretan

  • Entre le col de Moretan et Perioule

  • Avant les Férices

  • Quelquepart après les Férices

  • Arrivés à Aiguebelle !

  • Un petit dodow dans le gymnase :)

  • Après la douche et un peu de repos, récup houblonnée !

  • Un peu enflé...

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